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subject: Lincessante Musique Srielle Dhenri Matisse [print this page]


Le Centre Pompidou prsente une exposition sur les sries thmatiques de Matisse. Ou comment le grand rival / ami de Picasso fit comme lui des variations multiples sur le mme thme, une pratique qui allait devenir essentielle dans lart du XXe sicle. Mais chez Matisse, chaque toile est diffrente, la nouveaut advient vraiment chaque fois.

Cette exposition didactique suscite de nombreux enseignements sur lart de Matisse, et plus exactement sur lartiste au

travail. Les sries de peintures sur le mme sujet chez Matisse, objet de ce parcours, semblent poser la pratique des sries

thmatiques dans la peinture moderne ; une pratique qui allait devenir courante, voire mme systmatique comme dans le pop

art, en tmoignent les sries de Warhol. Mais chez Matisse il sagit vritablement de sries o chaque tableau est

linvention dun style, laperu unique dun univers saisi par un filtre bien prcis. Il ne sagit jamais dune succession de

variations lgres sur un mme thme mais bien de toiles totalement diffrentes dont seul le motif les relient entre elles,

ici la vue dun boulevard de bord de Seine, l le portrait de sa fille ou de sa femme.

On peut sinterroger sur les intentions de Matisse travers ces diffrents choix de procds, savoir sil hsite entre

plusieurs styles, sil poursuit ses recherches vers lpure en produisant de multiples approches dun mme sujet, ou sil

cherche la tentative dpuisement dun mme sujet par sa reproduction avec des techniques varies. Mais cette interrogation

nclaire surement quune seule vidence, la dualit profonde chez Matisse, inexplicable comme dans chaque tre humain. Cette

dualit se manifeste par lhsitation entre deux approches picturales, tout autant que par la volont de lartiste de se

mnager plusieurs voies. Cela commence tt, ds 1900-1901, avec trois versions du pont Saint-Michel qui vont du style

flottant de lImpressionnisme jusqu une nettet mat strictement loppos. Cette dualit continue avec Le jeune marin,

portrait ralis en 1907, o la premire version est faite de hachures apparentes servies dans un travail de dessinateur trs

prcis, quand la deuxime version est plus harmonieuse dans les formes avec une anatomie plus dstructure. Il savre

difficile de trancher en prfrant une version plutt que lautre, et cest alors que survient le trouble, celui de voir

expose lme ambivalente de Matisse travers ce non choix entre des reprsentations inconciliables dun mme sujet.

Les portraits de Marguerite, la fille ane de Matisse, apparaissent comme autant dexercices de style sur la manire de

saisir les traits dun visage avec une conomie de moyens toujours diffrente. Car lune des lignes de fuites essentielles du

peintre est bien daller toujours plus loin dans lpure, datteindre le trait figuratif qui pose un monde en trois

mouvements. De Marguerite la veste raye peint dans un style post-fauviste la tte blanche et rose o Matisse peint sa

fille de manire quasi cubiste en passant par Marguerite au chapeau de cuir plus naf, lventail de cette srie de 1914 est

grand. Aprs les nombreux intrieurs, chaque femme nue, La blouse romaine ou Le Rve, clarifient le dbat. Ce sont de tels

chefs-duvre que la srie est un terme impropre pour qualifier cette saturation de couleurs, de beaut estivale, car il fait

toujours chaud dans un tableau de Matisse, il y a toujours beaucoup de lumire.

Matisse, Paires et sries

Jusquau 18 juin 2012

Centre Pompidou

6, place George Pompidou - 75004 Paris

Ouvert tous les jours de 11h 21h (ferm le mardi)

Entre : 13 / 11

by: aarenbrowns




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