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Sigmund Freud : Incroyant Confirmé Aveugle

Sigmund Freud: Incroyant Confirm Aveugle

Sigmund Freud: Incroyant Confirm Aveugle

Le choix de Sigmund Freud (1856-1939)

Freud considre que les prescriptions religieuses sont d'origine humaine. (1)

Il explique sa thse sur les religions: Les religions doivent leur puissance contraignante au retour du refoul, ce sont des rminiscences de processus archaques disparus, hautement effectifs, de l'histoire de l'humanit.(2)

L'explication de Freud est de reconnatre les prescriptions religieuses dans leur nature psychologique comme des illusions et non dans leur valeur de vrit. (3)

Le fondement du rejet de Dieu chez Freud est d'humaniser la nature pour y retrouver un pre. (4)

L'homme projette une reprsentation de pre sur un super pre. L'invention de Dieu permet Freud de vrifier l'analogie entre le devenir de l'individu et l'histoire de la civilisation. (5)

Il considre la religion comme la nvrose universelle de l'humanit issue du complexe d'Oedipe. (6) Il dclare quela nvrose universelle, cr par la religion, dispense de former une nvrose individuelle.

Freud considre la religion comme un systme de doctrines et de promesses qui l'aide dchiffrer les nigmes du monde et lui assure qu'une providence bienveillante veillera sur la vie et rparera dans l'au-del d'ventuelles frustrations. (7)

Quand l'humanit arrive l'age adulte, selon Freud, elle se dbarrasse naturellement des illusions, des souhaits infantiles les plus anciens, de la croyance religieuse sans avoir besoin de fantasmagories et en se fondant sur la raison. (8)

De cette manire Freud trouve dans la psychanalyse des justifications pour son choix rflchi de rejeter Dieu et les propositions de la religionet que, Cette hypothse, replace dans le cadre de la thorie psychanalytique est la consquence logique de la nature de la croyance. (9)

Il justifie son choix en retrouvant les racines de la croyance religieuse dans la psych de l'homme:

L'homme de croyance et de pit est minemment protg contre le danger de certaines affections nvrotiques: l'adoption de la nvrose universelle le dispense de la tache de former une nvrose personnelle. (10)

Freud considre Dieu comme le pre exalt, un pre symbolique:

Vous soutenez que c'est le rapport fils-pre qui est tout, Dieu est le pre exalt, la dsirance pour le pre est la racine du besoin religieux.

Depuis, semble-t-il, vous avez dcouvert ce facteur que sont l'impuissance et la ds-aide (Allemande: hilflosigkeit: Anglais: helplessness) humains auxquels sont bien attribus en gnral le rle principal dans la formation de la religion, et voici que vous transposez en termes de ds-aide tout ce qui tait antrieurement complexe paternel. (11)

Le pre remplace la mre pour la protection de l'enfant contre la menace et l'angoisse extrieure:

Dans cette fonction (de protection) la mre est bientt relaye par le pre, plus fort, qui cette fonction ds lors reste dvolue durant toute l'enfance. (12)

Cette image de Dieu est considre comme illusion par Freud, car elle reprsente la projection enfantine de l'image de pre sur un pre tout-puissant, une invention de souhait purement humain:

Accomplissements de souhaits les plus anciens, les plus forts et les plus pressants de l'humanit; le secret de leur force c'est la force de ces souhaits. (13)

Mais Freud a l'espoir pour l'humanit qu'elle se dbarrassera de la religion comme nvrose d'enfance. Il est suffisamment optimiste pour supposer que l'humanit surmontera cette phase nvrotique, comme tant d'enfants dpassent, en grandissant, leur nvrose qui est similaire.(14)

Il considre la religion comme illusion et comme narcotique:

(La religion) peut-tre assimile celle d'un narcotique.(15)

Il considre le Dieu du philosophe comme une vague abstraction (16)

Le double approche de Freud vis--vis de la religion (dfinie comme nvrotique et psychotique) lui permettra de plaider en faveur de la raisonil n'y a pas d'instance qui lui soit suprieure (17) et d'une socit laquelaisser Dieu hors du jeu (18).

Freud considre que la foi en la science n'est pas l'abri des illusions. Mais il prcise que l'illusion scientifique (vis--vis de l'attitude religieuse) n'est pas un dlire, elle se soumet et accepte les ventuels dmentis imposs par l'exprience. (19)

L'volution de l'histoire de la croyance religieuse, selon Freud, est fonde sur des projections sous la forme de reprsentations religieuses inventes par l'homme Les dieux conservent leur triple tache, exorciser les effrois de la nature, rconcilier avec la cruaut du destin- en particulier tel qu'il se montre dans la mort- et ddommager des souffrances et privations qui sont imposes l'homme par la vie en commun dans la cultureDs lors que Dieu tait un tre unique, les relations lui pouvaient recouvrer l'intimit et l'intensit du rapport de l'enfant au pre (20)

Une fois que l'humanit sort de la phase infantile pour arriver la phase de la maturit de l'adulte o la raison scientifique (21) rgne, elle va, selon Freud, se dbarrasser de l'image invente du pre tout puissant, la religion va disparatre comme syndrome nvrotique et psychotique universel (22) et l'homme va tre enfin libr de l'illusion de Dieu.

Freud, en face de l'nigme de l'homme ne tente pas expliquer l'existence, l'homme, ses structures, son origine et sa prsence, et surtout l'appareil psychologique complexe et ses relations avec tout autre systme, sujet de tous ses recherches.

Son point de dpart, -partag par Marx et Sartre- est que l'homme existe. Pour Freud l'homme est l avec tout un systme complexe psychologique qu'il essaie de comprendre. Il ne pose pas la question de l'origine de cet appareil psychologique.

L'origine de l'homme ainsi que la prsence de ses systmes mentaux, psychologiques et physiques, ne pose pas de problme pour lui.

L'homme est l dj avec tous ces systmes et caractristiques (une charte gntique de 30 milles caractristiques personnalises; 80-120 milliards neurones ordonnant le systme de cerveaux).

Les trois penseurs: Sartre, Marx et Freud, ne tentent en rien d'expliquer la prsence de l'homme, sujet principal de leurs penses.

Pour Sartre, l'existentialiste, l'existence est un fait accompli pour l'homme.

Marx n'explique pas non plus l'nigme de la prsence, de l'origine de l'homme.

Si l'homme est compos physiquement de milliards des cellules et chaque cellule est construite des milliards d'atomes, mis ensemble dans une forme prcise avec des systmes prcis, des fonctions prcises, des dures de temps prcises, sujet aux millions des critres prcis pour sa survie, cette question ne mrite t'elle pas une rflexion?

La rponse est qu'une fois le choix fait de rejeter Dieu comme explication, le penseur se dbarrasse d'un sujet embarrassant, mais totalement imposant.

Karl Marx est suffisamment occup de l'homme en tant que machine de production et son but reste de radier le capitalisme, source de malheur pour la condition humaine.

Sartre, en coupant avec l'essence comme probabilit, n'explique pas l'existence de l'homme et encore moins l'univers.

Sartre considre l'homme pour le meilleur de l'ensemble de l'humanit, responsable par des actes de choix; Marx en tant que chantre d'une humanit sans classe o tous sont des gaux, et Freud en tant que scientifique prconisent la science comme le moyen de faire sortir l'humanit de ses illusions, de ses angoisses pour aller vers une sant mentale sans illusion et sans nvrose.

Freud considre que l'humanit, en phase de nvrose d'enfance, va parvenir l'age adulte de la raison, l'illusion nvrotique va donc disparatre au profit de la sant mentale .

Il s'agit donc du commencement de la domination de la raison scientifique, telle qu'elle se manifeste dans la modernit.

______

1. Ruth Menahem, Sigmund Freud 4: 1920-1939, Presse universitaires de France, Paris, 2000. p. 50.

2. Lou Andra Salom, Correspondance avec Sigmund Freud, Gallimard, Paris, 1978, p. 253. Retour du refoul est retour la barbarie, selon Freud, le refoul se compose d'un double contenu: le pulsionnel et le sublim. Le pulsionnel est violence, cannibalisme, meurtre et inceste, le sublim est spiritualit. Grard Huber, Freud: Le sujet de la loi, Editions Michalon, Paris, 1999.p 58-59.

3. Menahem, p. 50.

4. Ibid., p. 50.

5. Ibid., p. 51.

6. Ibid., p. 51.

7. Ibid., p. 50.

8. Ibid., p. 51.

9. Ibid., p. 51.

10. Sigmund Freud, L'avenir d'une illusion, Traduction Anne Balseinte, Jean Gilbert Delarbre et Daniel Hartmann, Presses Universitaires de France, Paris, 1995. p.45.

11. Ibid., p.44.

12. Ibid., p.24.

13. Ibid., p. 30.

14. Ibid., p. 54.

15. Ibid., p. 49-50.

16. Ibid., p. 33.

17. Ibid., p. 29.

18. Ibid., p. 42.

19. Ibid., p. 54.

20. Ibid., p. 18, 20.


21. Ibid., p. 24, 54.

22. Ibid., p. 48.

Sigmund Freud : Incroyant Confirm Aveugle

By: mardini
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